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Il appuie là où ca fait mal, et fait au passage des suggestions de gouvernance qui se discutent, mais Gaspard Koenig pose une question essentielle dans cette tribune pour Les Echos. Peut-on concilier augmentation du pouvoir d’achat et baisse de la pression sur l’environnement, une martingale que la quasi-totalité de la classe politique propose actuellement ?

Le pouvoir d’achat se définit, rappelle l’auteur, par “le volume de biens et services qu’un revenu permet d’acheter”. Pour que ce pouvoir d’achat augmente, il faut donc que la production de biens et services par personne et par an augmente.

Or, pour produire des biens et services, il faut physiquement transformer des ressources naturelles (https://bit.ly/3Raa74d ). De ce fait, pour pouvoir acheter chaque année plus de mètres carrés de logement, de tonnes de voiture, de places de cinéma, de billets de trains, de pantalons ou de tuyaux d’arrosage, il faut en produire plus et donc augmenter les prélèvements et la transformation.

L’équation de Kaya (https://bit.ly/3AzgbgQ ) permet alors de mettre “l’économie” et la physique dans un même raisonnement, et, au regard des évolutions passées, de se demander si on pourra “découpler”, c’est à dire augmenter le pouvoir d’achat et préserver l’environnement en même temps. Toute personne un peu honnête hésitera fortement avant d’affirmer que la réponse sera oui…

Dans mon cours à Mines Paris (https://bit.ly/3Isn8lK ), je distingue 3 manières d’économiser de l’énergie (et donc de limiter la pression sur l’environnement) :

Augmenter le pouvoir d’achat de 1% par an tout en respectant la baisse des émissions à la bonne vitesse (5% par an) est parier sur une baisse de 6% par an du CO2 par unité de PIB (elle n’a jamais fait mieux que 1% environ sur période longue). Koenig a raison de demander si c’est pertinent de promettre l’accord de Paris sans baisse choisie ou subie du pouvoir d’achat.