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Lorsque l’Allemagne a décidé - et mis en application - sa sortie du nucléaire (que l’on doit à Schroeder - avant Fukushima - et non à Merkel, contrairement à ce qui est souvent dit ou écrit), d’aucuns s’étaient émus que cela pourrait conduire à recourir plus longtemps au charbon, conduisant en cela à des émissions de CO2 supplémentaires - outre d’autres petits à-côté de cette énergie : particules fines (des milliers de morts prématurés en Europe chaque année), NOx, pollution des eaux de surface, montagnes de cendres (des milliers de tonnes par jour pour les plus grosses centrales) qui contiennent des métaux lourds et des substances toxiques (arsenic, fluor…), et évidemment destruction totale des écosystèmes sur les dizaines de km2 d’emprise de l’excavation de lignite.

A l’époque déjà, il était possible d’observer depuis le ciel les vastes étendues (plusieurs kilomètres de côté) des mines à ciel ouvert de lignite, comme celle de Garzweiler, près de Cologne : https://bit.ly/3Xlzfra (il y en a d’autres pas loin, dont une encore plus grande à Hambach : https://bit.ly/3QNlhMo ), dont la création a conduit à l’évacuation définitive d’un peu moins de 100.000 personnes, avec destruction volontaire de leur habitat.

Mais tout cela n’aurait pas du arriver avec la substitution du charbon par le gaz, diront d’autres. A cela on peut répondre 2 choses :

En Europe, quand un état n’est pas assez discipliné sur le plan de l’équilibre des comptes publics, il est théoriquement susceptible de se voir infliger une amende par le Conseil, allant jusqu’à 0,5% du PIB (soit environ 10 milliards pour la France). Plus généralement, lorsque l’on entend être réellement sérieux sur le respect d’une obligation, il y a des sanctions en cas de non respect qui sont d’autant plus sévères que l’obligation à respecter est importante.

Si l’Europe était réellement sérieuse sur le CO2, il y aurait un système de sanctions prévu pour non respect d’un plafond d’émissions de CO2 par un pays donné. Et cette sanction pourrait être majorée lorsqu’un pays a fait l’exact inverse de ce qu’il pouvait physiquement faire pour respecter l’obligation.