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Normalement le dictionnaire est bien fait : les aires marines protégées sont… protégées. Quel est le principe sur le papier ? Il s’agit de délimiter des zones côtières (à moins de 200 miles des côtes, car au-delà l’océan n’appartient plus à personne en particulier, et donc aucun pays ne peut y créer une zone d’exclusion de bateaux ou d’activités) au sein desquelles la vie marine est préservée des prélèvements de la pêche - et d’autres activités de “consommation” de la nature - pour permettre aux espèces - et notamment les poissons - de se reproduire.

Cette mesure est donc destinée à préserver les stocks de poisson, et les premiers partisans de la mesure devraient être les pêcheurs eux-mêmes. En effet, les poissons étant mobiles, s’il redeviennent abondants au sein des ces aires parce qu’ils peuvent facilement s’y reproduire et grandir, ils se déplaceront ensuite en dehors de l’aire protégée, et permettront ainsi une reconstitution ou un maintien à niveau des stocks “ailleurs”.

L’existence de ces aires, pourvu qu’elles soient respectées, est donc un moyen d’augmenter ou de faire durer les prélèvements par la pêche. Rappelons que, pour l’océan dans son ensemble, ces derniers déclinent depuis 1995 (ca fait donc presque 30 ans que le maximum de la pêche en mer a été passé). Par ailleurs la pêche vient s’ajouter au réchauffement climatique, à l’acidification de l’eau (à cause du CO2 émis par les activités humaines qui est dissous pour partie dans l’océan), et à la pollution. Les espèces marines ne sont donc pas vraiment à la fête.

En théorie, ces aires sont donc une bonne idée. Sauf que :

C’est la raison pour laquelle l’association Bloom, qui milite pour la préservation de la biodiversité marine - et du même coup les gens qui en vivent ! - lance une pétition pour demander que ces aires marines protégées ne fassent pas mentir le dictionnaire. La raison pour laquelle cette pétition est lancée maintenant et pas à un autre moment est que le parlement européen débat en ce moment du sujet : https://lnkd.in/eK5zmS3Z

Là comme ailleurs il faut gérer la limite avant qu’elle ne nous gère…