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La finance “verte” est censée fournir des moyens à des projets qui améliorent l’état de la planète. Mais il n’est pas rare qu’un projet soit qualifié de “vert” simplement s’il est “pas vert mais mieux que si c’était pire”.

C’est ainsi que vient d’être qualifiée “d’obligation verte” une obligation servant à financer une nouvelle piste à l’aéroport de Hong-Kong, au motif, selon Les Echos, que l’aéroport va “faire la promotion des transports bas carbone”. Parce qu’ils encourageront les passagers à marcher plutôt que d’utiliser des taxis une fois dans Hong Kong :) ?

L’article souligne le “point dur” dans cette histoire : l’absence de norme pertinente, ce qui conduit chaque émetteur à utiliser son propre cadre pour définir le “vert”, avec à l’évidence le risque que de temps en temps on aboutisse à des absurdités, comme avec cet aéroport.

Il n’y a qu’à faire une norme diront certain(e)s. Certes, mais deux écueils (au moins !) se présentent alors :

Quand nous sommes dans une course contre la montre, la moins mauvaise manière d’éviter ces deux écueils est que le régulateur investisse massivement et rapidement dans la formation de ses propres effectifs, pour comprendre le problème à traiter, passer beaucoup de temps à soupeser les différentes approches qui existent pour y répondre, et édicte ensuite une norme qui corresponde bien à la question, avec pour conséquence évidente qu’une large partie de ce qui est fait “habituellement” ne passera plus la rampe (c’est normal : on ne peut pas “changer le monde” en conservant les mêmes référentiels !).

Hélas, ce n’est que très rarement le cas.