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C’est un slogan qui a été souvent repris depuis la crise financière : si les banques centrales ont pu mettre des milliers de milliards de dollars “sur la table” pour sauver le système bancaire, il n’y a pas de raison que l’on n’y arrive pas pour le climat.

Il y a évidemment du vrai dans cette histoire. Le début du vrai, c’est qu’il serait tout aussi légitime de mettre dans le mandat des banques centrales de protéger l’environnement - sans lequel il n’y a pas d’économie et pas de système financier - que de protéger la monnaie, c’est-à-dire lutter contre l’inflation.

La conséquence de ce premier point de vue pourrait par exemple être que les banques centrales mettent des obligations ou au contraire des restrictions aux opérations qu’elles font avec les banques :

Mais il y a aussi une part d’illusion à bon compte dans cette affaire. Car “sauver le climat” n’est pas qu’une affaire d’argent. Il ne suffit pas “d’investir là où il faut” pour que le boulot soit fait. Décarboner l’économie, c’est notamment la rendre “physiquement plus petite” (c’est exactement cela que l’on appelle sobriété). Et là, la question de savoir comment une banque centrale concourt directement à contracter en douceur la taille de l’économie est probablement plus vite posée que résolue.