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Aujourd’hui commence la COP 27 à Charm el-Cheikh, au bord de la Mer Rouge. Espérons que la proximité d’un désert et les 28 à 30 °C en novembre (https://bbc.in/3FNxQ6R ) permettront aux participant(e)s de se sentir plus concernés que quand tout le monde est en doudoune !

Il y sera question d’agir pour limiter le réchauffement. Or, c’est physique, cela signifie se contraindre sur les émissions. De combien ? Cela dépend de l’objectif !

Le graphique ci-dessous donne les trajectoires d’émissions qui vont avec des réchauffements donnés en 2100. Tout en bas, le trait bleu ciel correspond à 1,5 °C et, et tout en haut la rouge foncée du haut à 4,5 °C. On trouvera en commentaire le graphique des élévations de température fait avec le même code couleur.

Pour 1,5°C en 2100 on voit que les émissions doivent être nulles en 2060, puis “négatives” : cela signifie que la totalité de l’énergie utilisée se décarbone en 40 ans, et ensuite on arrive à reprendre du CO2 depuis l’air via des précédés technologiques déployés à large échelle. Pour “moins de 2°C en 2100” c’est pareil mais décalé de 20 ans.

Avec des émissions qui seraient surtout contraintes à l’avenir par la disponibilité en énergie fossile (pic pétrolier maintenant, pic gazier en 2030, pic charbonnier d’ici 2050) on est un peu en dessous de 3°C en 2100 (courbe orange).

Enfin les deux courbes du haut signifient une “économie fossile” non limitée - ni par l’épuisement des gisements d’hydrocarbures, ni par les conséquences du changement climatique, ni par d’autres limites planétaires - jusqu’en 2100.

Quelques commentaires :

COP 27 ou pas, en Europe, la “voiture balai” de la baisse subie des combustibles fossiles est déjà en cours (et l’était avant Poutine !). Ca ne va pas arrêter la dérive climatique, mais ca nous force déjà à conjuguer décrue des moyens matériels à notre disposition et accroissement des dommages climatiques. Il serait temps de se creuser la cervelle pour l’avenir avec le bon cahier des charges.